Fidèle au texte du dramaturge qui, dès 1935, bouleversait les codes de la tragédie antique, Édouard Dossetto met en scène La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux, écrite dans l’entre-deux-guerres, alors que l’Europe vacille sous la montée des nationalismes et la menace hitlérienne.
Les comédiens, en alternance Tatiana André ou Ghina Daou, Leslie Gruel ou Marie Benati, Édouard Dossetto ou Gaspard Baumhauer, Adam Karoutchi ou Guillaume Villiers-Moriamé, Majd Mastoura ou Rémi Couturier, incarnent des figures mythiques désormais soumises non plus à l’arbitraire des dieux, mais à leur propre responsabilité.
En replaçant la pièce dans le contexte actuel d’une négociation internationale, Édouard Dossetto explore les limites de la diplomatie. Les discours se succèdent, les arguments s'affirment, mais les passions résistent. L’honneur et la fierté l'emportent sur la raison. Si elle se perd parfois dans les différents registres de la tragi-comédie, l'adaptation révèle la résurgence tragique de notre humanité qui inéluctablement rejoue la même scène, à l'image des sommets diplomatiques qui se succèdent sans jamais empêcher l’embrasement.
Du plaidoyer pacifiste de Giraudoux qui dénonce le privilège des grands de regarder la guerre depuis leur terrasse, le collectif Nuit Orange déploie la tragédie comme la fabrication d’une catastrophe. L'adaptation touche autant par son originalité que par sa justesse, celle de théâtraliser des hommes parler au nom de l'honneur tout en regardant notre monde glisser vers la guerre.
La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux, mise en scène d'Édouard Dossetto au Studio Hébertot jusqu'au 5 avril 2026
Mise en scène : Édouard Dossetto
Interprétation en alternance : Tatiana André ou Ghina Daou, Leslie Gruel ou Marie Benati, Édouard Dossetto ou Gaspard Baumhaeur, Adam Karotchi ou Guillaume Villiers Moriamé et Majd Mastoura ou Rémi Couturier
Création lumière : Raphaël Bertomeu
Création sonore : Martin Benati
Diffusion : Jean-Yves Ostro
