Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins, de Matéi Visniec

Mise en scène Serge Barbuscia
Avec Salvatore Caltabiano
Musique originale, Eric Craviatto



Au Théâtre de la Contrescarpe 
Jusqu'au 28 janvier 2019





En septembre 1987, Matéi Visniec, auteur désormais interdit, quitte la Roumanie, et arrive en France avec une valise et une quarantaine de textes en Roumain. Un de ses derniers textes en roumain est notamment  Petit boulot pour vieux clowns qu’il traduira ensuite. 
 
Il demande l’asile politique et  rédige, au sein de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales une thèse sur la résistance culturelle dans les pays de l'Europe de l'Est à l'époque communiste.
On est en 1988 et il commence aussi à écrire ses premières pièces de théâtre en français.
En Roumanie, depuis la chute du communisme, Matéi Visniec est devenu l'auteur dramatique vivant le plus joué. Le Théâtre National de Bucarest a créé ses pièces "La Machine Tchékhov" et "L'histoire du communisme racontée aux malades mentaux". 


L’écriture de Visniec est de la poésie à l’état brut et son message passe par l’émotion.

‘Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins ‘ est une histoire de cœur.
Le cœur de l’homme est personnifié. Il est blessé, une blessure tellement béante que l’on peut s’y laver les mains. C’est ce qu’il attend de cette femme, qu’elle se lave les mains dans sa blessure. Et puis qu’elle l’habite, qu’elle s’installe en lui, dans son corps. L'amour est une histoire de possession.
La métaphore filée de la personnification du corps nous renvoie à la contradiction du sentiment, entre désir de liberté et enfermement.


La mise en scène très poétique de Serge Barbuscia nous ouvre les portes du texte.
La dame est là, matérialisée par ce drapé lumineux et translucide.
Le corps, le cœur, le cerveau, sont là, matérialisé par cette caisse, tournée et retournée.





La musique d'Eric Craviatto rythme les instants de vie de l'homme, un rythme cardiaque et envoûtant .
Est-ce le bonheur que cet enfermement, cette dépendance l’un en l’autre ?
Et si l’autre part que reste-il du cœur, qui part avec ?
Avec Visniec l’amour n’est pas tendre ou trop, il est passion, désir, besoin, plaisir et souffrance.