D'anecdote en anecdote se dessine alors une cartographie sensible du Paris gay des années 1980 et 1990. En fond de plateau s'inscrivent les noms de fanzines, revues, lieux de la nuit. Un glossaire du monde gay emprunté à Guillaume Dustan qui, comme autant de fragments et de réminiscences, inscrit l'époque dans l'histoire.
La représentation se situe à cet endroit de la confiance. Comme un pacte qu'il est inutile d'énoncer, Jeanne Lazar et Timothée Lerolle se font les dépositaires de la parole de Tim qu'ils nous livrent avec sincérité. Pour accueillir ce récit, Jeanne Lazar et Timothée Lerolle créent un espace sécure, une proximité chaleureuse. Depuis leur salon, partageant l'intimité de leur couple, jusqu'au doux ronronnement de leur chat Grokosto, l'écho de la vie de Tim résonne sur leur propre relation. Sans jamais se surexposer, Jeanne et Timothée, parce qu'on a envie de les appeler par leur prénom, interrogent leur propre relation pour tenter de mieux la définir. Que chacun y trouve sa place, confortable, respectueuse des singularités et des désirs de chacun.
Leur histoire ne déborde jamais sur celle de Tim. Garçon Fièvre se construit sur un dialogue où l'écoute se place au centre. La force de la représentation se situe dans cette façon d'installer le récit, de prendre le temps, sans qu'on ne le voit passer, dans cette capacité à faire exister une parole dans toute sa complexité, à transmettre une expérience sans chercher ni à la résumer ni à la confisquer .
Dans cette tentative de décrire la passion amoureuse, Garçon Fièvre se déploie comme un dialogue intergénérationnel tendre et généreux pour dire la fièvre d’une époque.
Garçon Fièvre de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle à 14h45 du 5 au 23 juillet, jours impairs au Théâtre du Train Bleu dans le cadre du Festival OFF d'Avignon 2026
https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9920-garcon-fievre
D’après un entretien avec Tim Madesclaire et le texte Pourquoi toi de Philippe Joanny.
