De l'intensité de la rencontre amoureuse à la déflagration d'une violence jamais ordinaire qui s’immisce dans un couple, Les débuts n’ont pas d’importance, ils sont toujours parfaits décortique la mécanique de la spirale insidieuse du harcèlement dans la sphère intime.
Bébé et Doudou se rencontrent lors d'une soirée. Sur fond de musique Funk, la rencontre est de celle qui vous fait croire à l'unique de l'instant. Elle ne le trouve pas spécialement beau, mais son assurance l'attire. Il se pense intéressant. La magie du coup de foudre opère.
Se jouant de l'explicite de transitions narratives inutiles, parce que l’histoire, au fond, nous la connaissons tous, Solenn Denis replace l'intensité de la soirée dans le quotidien du salon de l'appartement que partagent désormais Bébé et Doudou.
La magie s'est dissipée. Le string retrouvé par Bébé dans la corbeille, Doudou ne sait pas d'où il vient, et franchement ce n'est pas son problème. Son problème, c'est que Bébé ne sait vraiment pas laver la salade, ni faire une vinaigrette et ça, oui, ça soule. La magie s'est transformée en mauvaise foi assumée.
Olivia Corsini et Erwan Daouphars s'emparent de ce duo-duel avec une spontanéité remarquable. Leur interprétation préserve toujours quelque chose de profondément familier. Chacun pourrait reconnaître dans leurs échanges un fragment de réel observé ou vécu.
Micro à la main, les personnages livrent en aparté leurs pensées. Une intimité qui ne se partage plus. D'un côté, l'estime de soi vacille. De l'autre, les certitudes se renforcent. À chacun son récit, entre souffrance, aveuglement et déni.
Crescendo, Solenn Denis installe le malaise. Sans jamais forcer le trait, la mise en scène du Collectif Denisyak figure les mécanismes de l'emprise qui avance à couvert, insidieuse, assurée. Les créations sonores de Julien Lafosse accompagnent ce basculement.
La funk festive des débuts se détraque peu à peu. Les vinyles crissent, les rythmes se désaccordent au fur et à mesure que l'équilibre du couple déraille. En images sonores, la musique révèle ce que Bébé refuse encore de voir.
Les débuts n'ont pas d'importance, ils sont toujours parfaits fait naître un trouble durable.
Loin d'un discours théorique, le Collectif Denisyak choisit la force du théâtre pour observer avec précision la manière dont une relation se dérègle jusqu'à faire de l'amour un rapport de force.
Les débuts n'ont pas d'importance, ils sont toujours parfaits [bébé&doudou] du collectif Denisyak à 13h25 au 11.Avignon dans le cadre du Festival OFF 2026
https://www.11avignon.com/programmation/les-debuts-n-ont-pas-d-importance-ils-sont-toujours-parfaits
Texte : Solenn Denis
Mise en scène : collectif Denisyak
Interprétation : Olivia Corsini et Erwan Daouphars
Création lumière : Fabrice Barbotin
Création sonore : Julien Lafosse
Décors : Franck Lesgourgues
Chorégraphies : Aurélie Mouilhade
Regard scénographique : Serge Nicolaï
Assistanat à la mise en scène : Madeleine Fourtune
Administration, production : Laure Barton
Diffusion : Manon Dromard
Coproducteurs : Glob théâtre Bordeaux, Fédération des Amis du Théâtre Populaire,
OARA,IDDAC, ARTCENA.
Accueil en résidence : SN La passerelle Saint Brieuc, le 104 Paris, Théâtre Ouvert Paris,
CNES La Chartreuse, Théâtre La Rêverie de Bioussac.
Avec le soutien à la création : DRAC Nouvelle Aquitaine, Département Gironde,
Communauté de Communes du Réolais.
Texte Lauréat ARTCENA et FATP, édité fin juin 2026 chez L'
oeil du Prince
Sophie Trommelen, vu le 14 juin 2026 au Théâtre de Belleville
