Rendez-vous est pris au coin d'une rue où Nicolas Turon et Vincent Zabus convient passants et badauds curieux à prendre place sur les gradins de leur dispositif mobile.
Face à eux, la rue poursuit son cours. Remontant le trottoir, chaussures dépareillées aux pieds et sac plastique à la main, le comédien Simon Wauters, en alternance avec Valentin Demarcin, Vincent Zabus, Nicolas Turon ou Coline Zimmer, déroule le storyboard millimétré d'une courte scénette, une partition du quotidien, quelques gestes anodins en apparence.
Confortablement installé, casque audio rivé aux oreilles, chaque spectateur entend pourtant une histoire différente. Une histoire émouvante, quoique, mon voisin de gradin, lui se met à rire, l'autre se lève, un autre sourit tendrement. Une seule mise en scène pour autant d'histoires que d'auditeurs.
Guidé par la présence chaleureuse et fédératrice du bonimenteur Valentin Demarcin, qui interpelle chacun par son prénom et saisit d'un trait d'humour nos sensibilités, le public se déplace, échange, recommande l'histoire qu'il vient d'écouter. Les spectateurs deviennent les passeurs enthousiastes d'une expérience qu'ils souhaitent partager.
Le plaisir repose avant tout sur la qualité de ces courtes histoires. Dès l'introduction, quelques phrases à peine, une voix, un ton, suffisent à contextualiser une situation et à faire naître un univers. Chaque récit ouvre une fenêtre différente sur ce personnage qui traverse la rue. Amant transi, père inquiet, voisin solitaire, ami fidèle, le comédien incarne successivement le héros d'existences multiples. Toutes différentes, ces histoires partagent la même tendresse pour leurs personnages et la même attention portée aux émotions les plus simples.
Nicolas Turon et Vincent Zabus nous invitent à retrouver notre regard plein d'imagination, à jouer sur notre capacité à inventer la vie d'inconnus croisés, un instant, dans l'espace public. Derrière chaque silhouette se cache une histoire, un souvenir, un espoir, une blessure. Au coin de ma rue transforme un bout de trottoir en scène de théâtre.
Dans une époque où l'on traverse souvent la ville sans toujours regarder ceux qui l'habitent, la compagnie des Bonimenteurs réactive notre attention portée aux autres. Avec un gradin, un casque audio, un comédien et beaucoup de talent, Nicolas Turon et Vincent Zabus nous rappellent que les plus belles histoires se trouvent parfois juste là, au coin de notre rue.
Une invitation à regarder le monde autrement.
Au Coin de ma Rue de la compagnie les Bonimenteurs à 18 heures au Théâtre des Doms, hors les murs au festival Villeneuve-En-Scène , dans le cadre du Festival Off Avignon
https://lesdoms.eu/spectacle/au-coin-de-ma-rue/
https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9124-au-coin-de-ma-rue
Auteurs : Nicolas Turon et Vincent Zabus
Textes : Nicolas Turon et Vincent Zabus
Les comédien·ne·s (en alternance) : Maroine Amimi, Valentin Demarcin, Pierre Poucet, Nicolas Turon, Simon Wauters, Vincent Zabus, Coline Zimmer
Les voix : Charlie, Coline Zimmer, David Notebaert, Emmy Simonet, Fanette Hourt, Fayssal Benbahmed, Francoise Markun, Gautier Colin, Hervé Dubois, Jean GIAbin, Jérôme Rousselet, Julie Seniura, Laurent Arnold, Les Bonnasses (Otilly Belcour, Marie Grosdidier et Marie Lissnyder), Marisa Pereira, Maroine Amimi, Nadine Ledru, Nicolas Turon, Romain Dieudonné, Samuel Laurant, Simon Wauters, Sophie Lajoie, Stéphanie Coppé, Vadim Turon Soulier, Valentin Demarcin, Vincent Huertas, Vincent Zabus
Chanson : Manuel Etienne
Instrumental : Fabrice Bez
Habillage sonore : Gautier Colin et Benjamin Cahen
Modélisation et fabrication décor : Jean Louyest
Programmation logiciels : Roald Baudoux
Soudure : The Jof Company
Peinture : Aline Claus et Mélodie Onillon
Couture : Aline Claus et Jean Louyest
Production, construction : Jean Louyest.
Coproduction : Latitude 50, la Communauté de communes du Pays de Craon et Embusca’livres, Môm’Théâtre à Rombas, Les Fêtes Romanes, Le Festival de Chassepierre.
Soutien : Fédération Wallonie-Bruxelles, Le Festival Les Tchafornis, Les Baladins du Miroir et la Ville de Namur.
Sophie Trommelen, vu le 30 mai 2026 dans le cadre du Festival Onze Bouge
