Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) Paco Bezerra, Aurélia Lüscher et Estelle Meyer

 

Revenue au monde cinq siècles après sa mort, Thérèse d'Avila, seule, désemparée, incomplète, privée d'un corps dont les membres sont devenus des reliques dispersées aux quatre coins du monde, a tout à reconstruire. Entre errance et marginalité, la mystique du XVIe siècle, réincarnée dans le XXIe siècle, trouve alors le salut dans la transe électro qui surgit comme une nouvelle forme d'élévation.

La metteuse en scène Aurélie Lüscher et la comédienne Estelle Meyer s'emparent du texte aussi singulier que drôle de Paco Bezerra, Je meurs de ne pas mourir, les deux vies de Thérèse. Fidèle au texte et à la traduction de Clarice Plasteig, l'adaptation situe d'abord Thérèse d'Avila dans son contexte historique. Une hagiographie décomplexée à la première personne qui retrace le parcours d'une femme qui choisit la vie religieuse pour échapper au destin qui lui était assigné. Loin d'une image solennelle, la sainte apparaît comme une femme libre, volontaire, convaincue que la prière relève avant tout d'une expérience intérieure.

Après avoir incarné Sarah Bernhardt ou Gisèle Halimi, Estelle Meyer prête son énergie débordante à cette nouvelle icône féminine. Se détachant de l'exercice formel du portrait, la comédienne compose une Thérèse fantasque, drôle, excessive. Entre adresse directe, humour et élans musicaux, Je meurs de ne pas mourir transforme la figure de Thérèse d'Avila en une héroïne résolument contemporaine qui, de l'extase mystique à la pulsation électro, revient à la vie, réapprend à habiter son corps meurtri et reconquiert sa liberté.

Sainte Thérèse en queen électro, Estelle Meyer, flamboyante, assume le grand écart. Peu importe que cette femme revenue d'entre les siècles soit sainte, visionnaire ou hallucinée, ce qui importe ici est le mouvement qui la traverse.

 


Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) d'Aurélia Lüscher du 16 au 30 septembre au Théâtre de la Bastille 

Tournée  
19 et 20 novembre 2026 Théâtre Joliette, Marseille
5 mars 2027 Théâtre de Châtillon
11 et 12 mars 2027 CNDO (Orléans)
et Théâtre de La Tête Noire (Saran) 
 
crédit photos : Jean-Louis Fernandez 
 
Texte : Paco Bezerra
Traduction : Clarice Plasteig | Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
Mise en scène et scénographie : Aurélia Lüscher
Interprétation : Estelle Meyer
Assistanat mise en scène : Marguerite de Hillerin
Création lumière, régie générale et lumière : Julien Boizard
Régie et création son : Nicolas Hadot
Création musicale : Deena Abdelwahed
Scénographie et collaboration visuelle : Arnaud Louski-Pane
Création costumes : Léa Gadbois-Lamer
Collaboration visuelle corps et scénographie : Cécile Kretschmar assistée de Madeleine Davies
Conseil autour de Thérèse d'Avila : Agnès Mathieu-Daudé
Conseils magie : Claire Chastel / Yvonne III
Stagiaire mise en scène : Manon Dupont-Heiser
Direction de production : Juliette Roels assistée de Laurine Aubry - Théâtre de la Bastille
Production déléguée : Théâtre de la Bastille
Coproductions : La Halle aux Grains – Scène nationale de Blois, Le Théâtre – Scène nationale de Saint-Nazaire, AG
Soutiens :  Première lecture Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale, Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines, Collectif MXM 
 
Sophie Trommelen, vu le 16 septembre 2026 au Théâtre de la Bastille