Forte de ses douze leçons impertinentes, Maëlle Mays abandonne son personnage de pédagogue tout-terrain pour s’emparer du stand-up. Une forme qu’elle maîtrise avec précision et qu’elle investit comme un espace de liberté, un humour joyeux, au service d’une parole résolument politique.
D’emblée, elle impose une présence. Seule en scène, elle se raconte. Une enfance dans une banlieue des années 90, des parents instituteurs, un père fantasque qui nourrit l’imaginaire de la famille à coups de fêtes costumées. Un univers familial singulier, presque romanesque, où la figure paternelle prend beaucoup de place.
Le rire s’installe rapidement. Un rire de connivence, nourri d’anecdotes, mariage médiéval, prescriptions chamaniques, autant de tableaux savoureux qui installent une proximité avec le public. Mais derrière cette légèreté émerge autre chose. Maëlle Mays ne se contente pas de raconter. Elle démonte.
En s’inspirant notamment de la bande dessinée de Gwenaël Manac'h, Les pierres de famille, la comédienne se confronte à la figure du père. Une figure massive, rugueuse, presque indéplaçable.
La bascule s’opère. La petite princesse nourrie aux récits Disney ne s’éveille pas sous le baiser d’un prince, mais par une prise de conscience. Une “pilule rouge” matrixée à la sauce Bettleheim qui révèle les mécanismes d’un monde structuré par des rapports de domination et qu’il devient urgent d’interroger.
Sans jamais renoncer au rire, Maëlle Mays engage alors un déplacement. Ce qui semblait intime devient politique. Ce qui relevait du récit personnel s’ouvre à une réflexion plus large sur les modèles que l’on hérite, et qu'elle choisit de transformer.
Son stand-up n’est pas tant un exutoire qu'un outil permettant d’aborder sans détour des questions de transmission, de construction et d’émancipation.
Avec une humour franc et connivant, La pilule rouge de Maëlle Mays opère comme une invitation à regarder le monde autrement et à, enfin, réécrire nos propres récits.
Crédit photo : © Yannick Blancard
Pilule Rouge de et par Maëlle Mays
Mise en scène : Théo Comby-Lemaitre
Assistante à la mise en scène : Alice Parrot-Labis
Aide à l’écriture : Vladimir Fricero
Création lumières : Jasmine Tison
Régie de tournée : Anaïs Laguillaumie
Partenaires :
La Passerelle, Scène Nationale de Gap Alpes du sud (05) / CNAREP Atelier 231 (76) / Ville de Grand-Quevilly (76)
Attachée de presse : Fabiana Uhart
Sophie Trommelen, vu le 26 avril 2026 au Local des Autrices