Vues Lumière d'Isabelle Lafon

Vues Lumière,
Concept et mise en scène Isabelle Lafon.
Écriture collective et interprétation: Marion Canelas, Karyll Elgrichi, Pierre-Félix Gravière, Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon, Judith Perillat.
A La Colline,
Jusqu'au 15 juin 2019.









Isabelle Lafon retrouve la scène de La Colline et s'inspire des Vues Lumière, premières captations filmées par les frères Lumière pour créer ce nouveau laboratoire scénique.
Elle part de l'essence du cinéma, pour dessiner les contours d'une idée de sa société et du cinéma d'aujourd'hui.


La proposition part de l'idée de monter un club cinéma dans une maison de quartier du 20ème.
Georges, Esther, Fontine, Shali et Martin vont se retrouver tous les jeudis et partager leur solitude en un moment de passion commune. Sans animateur, sans leader, la parole se partage, les nœuds de chacun se délient. D'une expérience intime se crée un lien social, l'expérience d'un être ensemble.
Moderne, Vues Lumière éclaire le rapport de l'art et du social, l'art qui rassemble et fédère.

L'accroche de chacun des personnages ressemblent aux flyers de Georges posés à même le sol et qui disent toutes les inquiétudes de ces personnages seuls en scène qui finissent par se rencontrer : comment intéresser l'autre, le faire venir à moi et échanger.
A Martin lui manque les outils, à Esther, des réponses, chacun a besoin de l'autre pour s'en sortir. Les liens se nouent autour de cet atelier en mouvement perpétuel.
Les mots fusent, tout le monde se coupe la parole, l'espace du plateau fait abstraction de l'espace géographique. Le cinéma fait parler. Il est émotion.
Alors, un peu comme au cinéma, les questions arrivent : les questions de vérité. Histoires de vies et histoires de cinéma s'entremêlent.
Qu'est-ce ce qui est important dans la création ? Dire la vérité, ou croire sincèrement en ce que l'on désire transmettre.'
'Qu'est-ce ce que tu filmes si tu ne filmes pas ce qui te touche?'
'Pourquoi je pleure à la fin de Cyrano si c'est du mensonge?'
Parce que la vie c'est du cinéma et que l'on n'aime jamais les histoires qui se terminent.

Isabelle Lafon nous entraîne avec sa troupe dans un processus créatif  qui mêle mise en scène, réflexion et improvisation.
Le texte naît d'un dialogue perpétuel avec l'autre, l'atelier ciné club est une mise en abîme  du laboratoire scénique d'Isabelle Lafon. L'expérimentation se joue autant que dans le texte que sur la scène.
Émouvants, les personnages projettent sur la scène tri frontale leur envie de vivre leur histoire, de découvrir et d'apprendre de l'autre.