Bérénice de Jean Racine


Bérénice, la tragédie historique en cinq actes de Jean Racine, conte ce combat entre amour et raison d’État.

Titus, empereur de Rome se voit refuser par le sénat d’épouser Bérénice, l'étrangère, reine de Palestine.
Il ne s’agit plus de vivre, il faut régner’.
Titus ne trouve pas le courage d’annoncer à Bérénice qu'elle doit quitter Rome, sans lui.
Antiochus, Roi de Comagène, amoureux en secret de Bérénice, se voit charger par Titus de lui annoncer la douloureuse nouvelle.

Isabelle Lafon à l’esthétisme si personnel nous présente la création d’une nouvelle mise en scène de la tragédie de Racine.

La scène du Théâtre Gérard Philippe s’éclaire devant nous et laisse place à un décor minimaliste : une table, des chaises. Pas de costumes ni de décor d’époque.
La scène épurée laisse place aux mots servis par des comédiens dont les alexandrins s’entremêlent aux rôles. La dimension esthétique de la pièce s’attache au texte, au mouvement, à l’énergie des acteurs.

Les rôles des acteurs ne sont pas distribués selon leur genre.
La distribution des personnages est déterminée par le texte. Isabelle Lafon déplace le duel de l'amour contre la raison pour nous emmener au plus profond des mots de l'amour, dans le discours, le dire : le sens des mots que l'on dit et de ceux que l'on n'ose pas dire.

Que cet homme soit jugé mauvais parce qu’il choisit le pouvoir n’a pas d’intérêt, Racine va bien au-delà de ça. En revanche, comment tous cherchent à construire du discours, à partir du non-discours de l’empereur, et comment une femme, Bérénice, cherche à comprendre, à questionner, à faire dire à quelqu’un qui est dans ses retranchements son amour: voilà ce qui m’intéresse ‘ Isabelle Lafon.

Les alexandrins de Racine nous plongent dans les méandres de l’amour, les non-dits, l'incompréhension.


Mise en scène Isabelle Lafon
Avec :  Karyll Elgrichi, Pierre-Félix Gravière, Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon, Judith Périllat

Au Théâtre Gérard Philippe Centre Dramatique de l'Europe.
Jusqu'au 3 février 2019