Première création du tout jeune Collectif Gobe Lune, Le passage se dessine comme une variation libre du roman de J. D. Salinger, L'Attrape-cœurs. De ces jours d'errance d'un jeune adolescent en rupture, la compagnie tisse un patchwork de formes qui toujours disent le refus de son personnage à s'envisager dans le monde des adultes.
S'inspirant du phrasé direct et des tics de langage si particuliers du roman, Gaspard de Soultrait emprunte son propre chemin dans les rues de la grande ville. Son personnage, Zach, c'est un petit peu le petit frère de Holden, dont la casquette rouge et la réappropriation de tournures de phrases si caractéristiques résonnent comme des clins-d’œil à une lecture qui a nourri profondément l'esprit de la création.
Récit à la première personne. Le passage happe par l'adresse directe de Zach qui nous entraîne avec lui dans les rues d'une ville dont il connaît les recoins par cœur et qui pourtant toujours lui reste étrangère. Dans cette résistance à entrer au monde guidé par sa mélancolie lucide, Zach va alors croiser pléthore de personnages.
Ce rythme, la mise en scène de Fanny Dumontet le figure à travers une scénographie mobile et colorée, que les comédiens de leur présence clownesque ordonnent et dérangent à vue, figurant la naïveté fantasque du monde de l'enfance.
Le passage du Collectif Gobe Lune, les 2 et 3 mai au Lavoir Moderne Parisien.
Librement inspiré de L’attrape-coeurs de J.D. Salinger
