La Mégère Apprivoisée de William Shakespeare adaptation de Frédérique Lazarini



La scène s'ouvre sur une charmante petite place d'Italie dans les années 50. Les draps blancs sèchent au vent, la musique italienne résonne sur la place.

Insoumise et rebelle, Catarina fait fuir tous ses prétendants. Baptista son père, petit aristocrate de Padoue et Bianca, sa sœur cadette qui attend son tour pour se marier, désespèrent.
Petruchio, arrivé tout droit de Vérone est prêt à tout pour faire un mariage d'argent. L'affaire se conclut avec Baptista qui lui donne la main de sa fille.
Peu lui importe le caractère de mégère de Catarina, Petruchio accepte et libère ainsi Bianca qui peut désormais se choisir un prétendant.

Frédérique Lazarini  propose une version originale et très personnelle de La Mégère Apprivoisée.
Dans un dispositif frontal, elle associe l'univers de Shakespeare au cinéma italien des années 50. Cinéma et théâtre se donnent la réplique.
Frédérique Lazarini fait de la Mégère Apprivoisée une véritable comédie italienne. Le rire, la musique, l'insolence et l'indolence, caractéristiques de cet art populaire par excellence, trouvent ici leur place à travers la comédie de Shakespeare.
La comédie italienne nourrie de l'influence de la commedia dell'arte ouvre la porte à une interprétation clownesque pleine d'humour, plus sociale, dans laquelle les revendications féminines s'affirment.

Le texte de Shakespeare, s'il prête des traits de caractère très affirmés à Catarina, a aussi cette contradiction d'enfermer son personnage dans la soumission à son époux. En effet, à force de privations et de vexations, Petruchio imposera son autorité et fera de Catarina une épouse docile et soumise.

Contrairement à Shakespeare, Frédérique Lazarini offre l'opportunité au personnage féminin de s'exprimer. De façon très théâtrale elle introduit sur scène le texte d'Une Chambre à soi de Virginia Woolf.
Le vif plaidoyer féministe de Virginia Woolf dénonce l'impossibilité donnée aux femmes de s'épanouir et d’exister dans la création littéraire.

Frédérique Lazarini offre son regard féministe et engagé à cette adaptation de la Mégère Apprivoisée.
Avec un sens de la comédie assuré, elle écrit une partition à la fois drôle et originale que Sarah Biasini et Cédric Colas restituent avec une fraicheur entrainante.




A l'Artistik Théâtre
La Mégère Apprivoisée de William Shakespeare
adaptation et mise en scène de Frédérique Lazarini
avec : Sarah Biasini (Catarina), Cédric Colas (Petruchio), Maxime Lombard (Baptista), Pierre Einaudi (Lucientio), Guillaume Veyre (Tranio)
scénographie et lumières : François Cabanat
costumes : Dominique Bourde
réalisation du film : Bernard Malaterre
avec : Charlotte Durand-Raucher (Bianca), Didier Lesour (Le Prêtre), Hugo Petitier (Gremio), Jules Dalmas (Hortensio)
assistante à la mise en scène : Lydia Nicaud
assistante à la création des costumes : Emmanuelle Ballon